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Lanceur d’alerte : un escape game pédagogique virtuel en classe médias

Cette séance est née de la rencontre de deux défis :

 

Le résultat est un jeu d’évasion virtuel d’1h, sur le thème des lanceurs d’alerte. Réalisé avec une diapo Genial.ly, il suit un scénario convergent imbriqué comprenant quatre types d’énigmes (cf. typologie des énigmes de Scape) : énigme avec codage (codage par substitution), avec superposition (filtre coloré), avec observation (puzzle) et jeu de logique (message sibyllin). Lorsque le minuteur atteint zéro, le champ de validation du mot de passe disparaît, rendant impossible la poursuite du jeu.

scenario_diagramme

 

Objectifs :

  • Remobiliser les élèves (après 2 mois de confinement) 
    • par le jeu
    • par les interactions sociales (travail en groupe)
  • Réactiver des connaissances vues précédemment en cours
    • Utiliser le vocabulaire de l’article de presse
  • Aborder un nouveau thème
    • Sensibiliser au rôle des lanceurs d’alerte et des médias comme contre-pouvoir citoyen
    • Découvrir un scandale médiatique contemporain

 

Compétence : 

  • Identifier et nommer les différents éléments composant un article de presse

 

Modalités :

  • Encadrement : 2 professeurs de classe médias
  • Public : classe de 6e et 5e médias (soit 25 élèves potentiels, mais 10 réellement présents)
  • Outil : Classe virtuelle du CNED
  • Durée : 2h (avec les soucis de micros et de connexion, la séance a duré 2h30 !)
  • Matériel : ordinateurs (à privilégier aux appareils mobiles) avec connexion internet et micro/écouteurs ; compte Classe virtuelle du CNED ; diaporama de présentation ; déroulement de la séance (avec solutions) ; interface de jeu

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Classe médias confinée et continuité pédagogique

Après le 13 mars, ma collègue d’histoire-géo, Laura Mougel, et moi avons dû bouleverser le programme que l’on avait établi pour les classes médias de 6e et 5e. Dans le cadre de la continuité pédagogique, nous avons proposé aux élèves différentes activités.

 

  • Les quiz

On a tout d’abord proposé des quiz d’actualité en demandant aux élèves de rester informés, tout en leur rappelant quelques recommandations :

Pendant le confinement, reste informé !
Mais attention : trop d’informations est anxiogène. Cela veut dire que, dans les situations exceptionnelles, trop vouloir s’informer peut augmenter notre stress.
Ne regarde pas les chaînes d’information en continue, mais privilégie les sources que tes professeurs t’ont recommandées : 1jour1actuGivemefiveMonQuotidien
Ces quiz hebdomadaires ont été créés et diffusés avec l’outil « exercice et évaluation » de notre ENT ParisClasseNumerique. Dans chacun d’eux, on a varié le type de questions : vrai/faux, QCM, texte à trous, réponse ouverte. On a également essayé de faire plusieurs rubriques, dont une intitulée « bonnes nouvelles ! » (l’augmentation du nombre de rhinocéros gris ou la baisse de la pollution atmosphérique, par exemple) et « info/intox » dans laquelle il s’agissait d’effectuer des recherches pour valider ou non une information donnée (par exemple, le report des vacances d’été). On a voulu parler d’autres sujets que le covid-19, tels que les élections municipales ou le tremblement de terre en Croatie.
 
Le premier quiz a été rendu par les 3/4 des élèves, le second par la moitié. La plupart des « copies » comportaient peu d’erreurs. Notre but était de les aider à comprendre l’actualité, mais aussi de les tenir informés. Or avec ce système, il faut attendre que le délai pour rendre le quiz soit dépassé afin d’en distribuer la correction. L’actualité n’était donc plus vraiment d’actualité, une semaine après. Le retour était trop lointain et les discussions d’approfondissement impossibles. Bref, nous n’avons pas été convaincues.
 
 
  • Les témoignages

On a ensuite voulu rendre les élèves plus actifs, en leur proposant de réfléchir à l’actualité via son impact sur leur environnement proche. On s’est inspiré du fabuleux travail que fait la ZEP (zone d’expression prioritaire) et de leurs publications sur instagram. Les élèves devaient interroger un proche sur le confinement, après avoir choisi un axe parmi plusieurs proposés. Les 5e devaient en plus choisir une photographie libre de droit pour illustrer leur texte. Après 15 jours de délai, nous avons 8 retours (sur 24 élèves), que nous avons publié sur l’instagram de la classe médias. Nos élèves avaient commencé à s’exprimer sur leurs difficultés à s’organiser face à la charge de travail que l’équipe pédagogique demandait, mais aussi sur les difficultés techniques et matérielles qu’ils subissaient. Avec ma collègue, nous n’avons pas insisté pour le rendu du travail. 

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  • L’analyse de photo de presse

Dans la continuité, nous avons proposé une deuxième activité de ce type. Il s’agissait de choisir une photographie de presse qui selon l’élève symbolisait  au mieux le confinement, d’expliquer pourquoi et de l’analyser. L’identification de la source était également un travail. Cette fois-ci, nous n’avons eu que 4 retours… postés sur instagram également. Sur cette activité, on a pu plus facilement faire des retours pour que les élèves approfondissent leur analyse. Pour rendre moins chronophage cette activité et peut-être ainsi augmenter le nombre de participants, nous aurions pu proposer plusieurs photographies, tout en autorisant la possibilité d’en choisir une extérieure à la sélection.

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Sabina a choisi cette photographie de presse pour représenter le confinement. Source : cnews.fr Date : 01/04/2020 Photographe : Philippe Lopez Sur cette photographie, on peut voir les rues et un des principaux monuments de Paris, l’Arc de Triomphe, déserts. Cette photo représente le confinement car les gens ont peur de sortir de chez eux par peur d’attraper le COVID-19 ou de le propager. C’est comme si le coeur de Paris avait arrêté de battre : les musées, parcs, monuments sont fermés, les rues sont désertes. Je suis un peu choquée et dans l’incompréhension car je n’aurais jamais pensé voir un jour Paris vide comme ça. C’est une ville tellement « vivante » et peuplée que je n’aurais jamais pensé voir ça. #classemedias #collegegerardphilipeparis

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  • Des activités synchrones pour remotiver les troupes

Conscientes que nous perdions nos élèves, nous avons voulu tester une nouvelle stratégie. Comme les élèves ont du mal à s’organiser pour dégager du temps pour la classe médias (et on ne peut leur en vouloir !), nous avons réfléchi à des activités qui se feraient sur un créneau défini, plutôt court (moins d’une heure).

On a pensé à un escape game (article détaillé en préparation). Finalement, au vu des problèmes de connexion et de matériel, cela n’a pas été du tout une activité courte… On est parvenu cependant à mobiliser 12 élèves dont certains n’avaient jamais rendu de travail jusqu’à présent. Ils se sont tous montrés extrêmement motivés.

Avec le déconfinement, seule la moitié des élèves de 5e médias suivront en présentiel l’option. Pour l’instant, je n’ai pas réfléchi à ce que l’on y fera.

Pour le distanciel, et en attendant de créer un nouvel escape game, on a décidé de renouveler l’activité quiz, mais en la modifiant pour tenir compte de nos précédentes remarques. On compte faire des quiz kahoot d’une trentaine de minutes, en visio, sur un créneau fixe hebdomadaire. Nos élèves adorent ce type de quiz. Ils ont beaucoup apprécié le fait de pouvoir interagir avec le reste de la classe via la classe virtuelle. Et peut-être pourrions-nous demander aux volontaires, dans un second temps, de préparer chacun une question d’actualité que l’on compilerait pour le kahoot de la semaine ?

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Esidoc v2 : comment intégrer les générateurs de critique et de bibliographie

mars 1, 2020 6 commentaires

Avec la nouvelle version d’esidoc, il n’est plus possible d’intégrer du code javascript, ni de mettre à jour les pages ayant du code javascript précédemment intégré. Or, ce type de langage est utilisé pour ajouter de l’interactivité au portail documentaire.

Ainsi, pour continuer d’utiliser les générateurs de critique et de bibliographie, la solution réside dans l’intégration de frames. Les frames, ce sont des fenêtres « découpées » dans une page de site web et qui donnent à voir le contenu d’un autre site web. En gros, Esidoc n’acceptant plus le javascript, il faut trouver un site qui l’accepte et rendre visible ce site dans esidoc.

Github est une plateforme de développement et de partage de codes. En version freemium (donc gratuite), il est possible d’intégrer du javascript. Les répertoires sont alors publics, et n’importe qui peut visualiser le code source.

 

Voici mes propositions de codes hébergées sur Github et intégrables dans Esidoc :

 

Pour intégrer ces pages en frame dans Esidoc, il vous faut :

  • vous connecter à l’interface administrateur d’Esidoc
  • vous rendre dans l’onglet « Votre portail / Menus et rubriques »
  • cliquer sur le bouton bleu foncé (en haut à droite) « Créer / Créer une rubrique »
  • Remplir les champs « Intitulé de la rubrique », « Titre »
  • Dans le cadre « Description », cliquer sur l’icône en forme de terre

EsidocV2_description_frame_icone

  • Copier-coller l’une des URL des pages hébergées sur Github ci-dessous, dans le champs URL
  • Paramétrer la largeur à « 100% » et la hauteur à « 500 » pour les bibliothèques de Paris, « 650 » pour la bibliographie et « 2000 » pour la critique
  • Cocher « Activer les barres de défilement »
  • Cliquer sur le bouton vert « OK », puis enregistrer la page.
  • Ne pas oublier de classer la page dans l’espace et la section correspondants afin qu’elle apparaisse dans le menu de votre portail. L’enregistrement est automatique.

 

Vous pouvez à tout moment revenir sur l’édition de cette rubrique et ajouter du texte et d’autres ressources.

Pour les plus experts, et si vous avez besoin de personnaliser le code javascript, il vous faudra créer à votre tour un compte sur Github et copier-coller mes codes dans vos propres répertoires. Pour vous aider, voici un tutoriel Github, que j’avais créé pour la formation sur les jeux sérieux.

 

 

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Speedbooking : 5 min pour trouver le livre de sa vie (ou du moins celui des prochaines vacances)

Dans le cadre d’une collaboration avec ma collègue professeur de lettres, Jeannick Prunier, nous avons mis en place une séquence que nous avons plusieurs fois réutilisée, en 4e et en 6e. Il s’agit de faire choisir aux élèves des livres en lecture cursive, sur une thématique commune à la classe. Cette possibilité de choix personnel augmente considérablement le fait que les livres soient effectivement lus (bien qu’on ne soit jamais arrivé à une réussite de 100%…), car chacun peut choisir sans justification selon ses propres critères : nombre de pages, présence d’illustrations, taille de la police, attractivité de la première de couverture, du résumé…

La séquence se compose d’une séance de speedbooking d’une heure en classe entière, suivie d’une autre séance en classe entière pour remettre les livres choisis et expliquer ce qu’est une boîte de lecture, ainsi que les attendus de cette activité. Deux à trois semaines plus tard (i.e. après les vacances), plusieurs séances en demi-groupes sont programmées pour que les élèves présentent leur boîte de lecture aux camarades de classe. Je participe alors à leur évaluation.

Je ne parlerai ici que de la première séance, celle du speedbooking. Vous pouvez cependant jeter un coup d’œil aux documents de présentation et d’évaluation de la boîte de lecture réalisés par ma collègue.

 

 

Lors de la séance de speedbooking, les élèves sont répartis en groupe de 3 à 5 élèves assis ensemble autour d’un même pôle. Le nombre de groupes correspond au nombre de sous-thématiques des livres. Pour débuter la séance, nous expliquons l’objectif de l’heure (choisir parmi une sélection de livres, ceux qui nous intéressent le plus), puis les modalités. A savoir, chaque groupe reçoit une feuille d’énigmes, sur laquelle les membres devront associer chaque énigme à un titre de livre. Chaque élève reçoit également une fiche de vœux personnelle, qui permet de noter un maximum de 5 livres non-désirés, un minimum de 5 livres favoris et un nombre non-restreint de livres neutres. On explique que plus élevé est le nombre de livres « désirés », plus sont maximisées les chances d’obtenir l’un d’eux. Le vidéoprojecteur affiche un compte à rebours (7 min pour le premier tour, 5 min pour les tours suivants), dont la sonnerie indique le changement de sous-catégorie et le transfert des livres d’une table/groupe à une autre. Chaque pile de livres est accompagnée d’une feuille indiquant de quelle sous-thématique il est question, afin que les élèves sachent précisément quelle partie de la feuille d’énigmes remplir. Pendant la séance, ma collègue et moi naviguons de table en table pour aider les groupes (et motiver les troupes). Nous nous chargeons également de rappeler le temps qui passe (« plus qu’une minute ! »), les enjeux (« n’oubliez pas de cocher les livres que vous avez aimés  ! ») et les petits détails d’organisation (« il est temps de rassembler les livres : les piles vont tourner ! »). Finalement, dans tout cela, ce sont nous les plus « speed », à courir partout ! 😀

Une fois la séance terminée, hors temps élèves, ma collègue et moi-même corrigeons les feuilles d’énigmes et attribuons un classement entre elles en fonction du nombre de bonnes corrélations énigmes/titres établies. Les élèves des équipes ayant le plus de points sont prioritaires pour l’attribution d’un livre conforme à leur fiche de vœux. Si nous ne parvenons pas à attribuer un livre désiré à un élève, nous lui demandons de repasser au CDI pour qu’ils choisissent un livre parmi ceux n’ayant pas été attribués ou quelques livres mis de côté car ne rentrant dans aucune sous-thématique (mais restant dans la thématique tout de même !). Quand un livre a été assigné à chacun des élèves, j’enregistre le prêt sur BCDI et donne à ma collègue l’ensemble des livres prêtés pour qu’elle les remette à qui de droit (de prêt). Les élèves ont la possibilité de se « troquer » les livres, mais doivent passer par moi pour l’échange officiel sur la base de prêt.

Cette séquence demande un temps assez long de préparation. En effet, en amont, il a fallu identifier des livres du CDI sur le sujet, en nombre supérieur à celui des élèves à doter. Il a ensuite fallu les regrouper par sous-thématiques et pour chacun d’eux inventer une « énigme ». Ces énigmes peuvent être visuelles (une image, une photographie historique, une oeuvre d’art associées au thème) ou textuelles : jeu de mots sur le résumé ou le titre, incipit… Elles sont ce qui va obliger les élèves à consulter, feuilleter, voire soupeser les livres choisis. Elles ne doivent être ni trop difficiles pour permettre à chacun des livres d’être évalué durant le temps imparti à la sous-catégorie, ni trop faciles car c’est le côté défi qui rend l’activité amusante et qui permet de créer une émulation entre les équipes. Il faut compter environ 1h pour corriger les feuilles, attribuer les livres et enregistrer les prêts dans la base documentaire.

Cliquez sur l’aperçu pour télécharger les feuilles d’énigmes et de voeux au format docx
(thème : héros [extra-]ordinaires en 6e)

 

BILAN :

La partie speedbooking plaît aux élèves : ils sont actifs et communiquent entre eux. On voit cependant que certains groupes parviennent plus facilement à s’organiser en se répartissant les tâches et les livres à feuilleter. C’est pourquoi il est utile de laisser plus de temps pour le premier tour, afin que chaque groupe comprenne concrètement en quoi consiste l’activité et comment la mener à bien.

Pour faciliter la séance, il est important d’avoir préparé en amont les piles de livres accompagnées d’un libellé de sous-thématique. Imprimer la correction facilite grandement l’organisation, d’autant plus quand toutes les piles ont été mélangées par erreur juste avant la séance… (vécu !) Avant l’arrivée des élèves, il est préférable de réorganiser l’espace en prévoyant un nombre de pôles (tables) égal au nombre de piles sous-thématiques de livres, ainsi qu’un nombre correspondant de chaises par rapport au nombre d’élèves attendus pour chaque pôle, et bien sûr de préciser « on ne déplace pas les chaises » au moment de la rentrée des élèves en classe !

Pour éviter les déceptions, il faut prévoir plus de livres que d’élèves. Pour une classe de 25 élèves, nous avions ainsi 6 sous-thématiques de 5 livres chacune. Lorsqu’un élève râle sur le livre attribué, on ressort sa feuille de vœux en lui rappelant que c’est LUI qui a choisi le livre…

Sélectionner les livres ensemble avec la collègue de lettres a des avantages, d’autant plus si cette sélection est faite suffisamment longtemps avant le lancement de la séquence et que la prof de lettres est une experte en littérature jeunesse (« Quoi ! Tu ne l’as pas ce livre ?! Mais il est trop bien ! »). Cela permet de passer des commandes pour enrichir le fonds du CDI.

 


Petit aparté pour Laetitia qui le temps d’un trajet Blablacar entre Moulins et Paris a réclamé de façon convaincante de nouveaux posts à ses interlocuteurs. Message transmis et bien reçu ! 😉
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Classe médias 5e : Photographie manipulée ? Comment le vérifier ?

octobre 24, 2019 2 commentaires

L’année dernière, en 6e, les élèves avaient dû évaluer la fiabilité d’une vidéo (celle de l’aigle kidnappeur) en cherchant puis recoupant des informations, après avoir formulé des critères de validation/vérification. Cette séance avait été beaucoup appréciée par les élèves (merci du partage, Raphaël Hérédia !). Elle était axée sur l’esprit critique face aux contenus faisant le buzz sur le web.

Cette année, dans la continuité, mais avec l’idée de leur fournir en plus des outils de vérification, j’ai voulu leur faire évaluer des photographies diffusées sur les réseaux sociaux, pour identifier et distinguer celle(s) qui aurai(en)t été manipulée(s) de celle(s) qui ne l’est (le sont) pas. C’est aussi important de montrer qu’il n’y a pas que des « fake » qui circulent sur le web…

 

Modalités :

  • discipline : option médias
  • niveau : 5e
  • effectif : 10 élèves
  • durée : 55 min x 3
  • lieu : CDI
  • matériel : 5 ordinateurs (avec accès aux réseaux sociaux Facbook, Twitter, Instagram), fiche de recherche, photographies imprimées, papier pour affiches, vidéo-projecteur

 

Objectifs : A la fin de la séance, les élèves sont capables de :

  • adopter une attitude critique et analytique vis à vis des photographies, notamment sur les réseaux sociaux
  • retrouver l’origine d’une photographie en utilisant les outils de recherche inversée et les méta-données
  • formuler des hypothèses sur l’objectif d’une publication d’une photographie manipulée

 

DÉROULEMENT : 

Partie 1 : Comment vérifier qu’une photographie a été / n’a pas été manipulée (15 min)

  • Expliquer le thème de la séquence : l’évaluation de la fiabilité d’une photographie utilisées sur les réseaux sociaux
  • Demander pourquoi évaluer une photographie issue d’un réseau social est plus nécessaire que si elle était issue d’un média traditionnel ? Sur le web, et notamment les réseaux sociaux, n’importe qui peut publier alors que dans les médias traditionnels, ce sont des journalistes, qui se sont engagés à respecter une déontologie, qui publient.
  • Demander aux élèves à quoi voit-on qu’une image a été manipulée et comment évaluer la fiabilité d’une photographie publiée sur les réseaux sociaux ? Ecrire au tableau les réponses. Compléter si besoin, notamment en présentant les outils de recherche d’image inversée Tineye et Google images avec une image test (ex: la photo du collège !).

Partie 2 : Mise en recherche (30 min + 15 min)

  • Distribuer la fiche de recherche, en expliquant l’ordre à suivre : remplir les cases de gauche à droite, de haut en bas (je précise, car certains groupes n’ont pas trouvé cela explicite)

Cliquez sur l’aperçu pour télécharger la grille au format docx

  • Aider les groupes si besoin, notamment sur l’identification de la plateforme de publication (Facebook, Instagram, Twitter, Snapchat).

L’heure de cours étant terminée, la deuxième séance commence sur la poursuite des recherches par les élèves (compter 15 minutes supplémentaires, le temps de se remettre dans la tâche).

 

Partie 3 : Restitution (40 min)

  • Distribuer les feuilles A3 et faire réaliser les affiches. Il suffit de découper la grille pour constituer l’affiche. Si besoin redistribuer une grille vierge pour pouvoir la remplir au propre.

  • Chaque groupe passe à l’oral présenter son image, son analyse et sa conclusion : l’image a-t-elle été manipulée ? Si oui, comment et pourquoi ?
    • statue de la liberté vêtue d’une veste jaune → réelle, mais à Colmar (absence de précision dans la légende, est-ce une manipulation ?)
    • avion atterrissant presque sur la plage → réelle, voir Maho Beach
    • l’éléphant en feu en Amazonie → manipulée, détournement d’une photo indienne
    • la panthère sur le balcon → réelle, à Armentières
    • les singes de la forêt Amazonienne calcinée → manipulée, montage de 2 images asiatiques
  • Relever que manipuler des photos, même pour de bonnes intentions, dessert la cause. Majoritairement, les auteurs sur les réseaux sociaux utilisent des pseudos et sont donc difficilement identifiables.

 

Partie 4 : bilan (40 min →3eme séance)

  • Distribuer, faire lire et compléter la fiche bilan sur les 3 types de manipulation des photographies (falsification de la légende, manipulation par cadrage, ajout / suppression d’élément graphique) et sur les principales raisons de ces manipulations (esthétiques, humoristiques, buzz, propagande).
  • Faire lire l’infographie qui reprend les étapes de la première partie : comment débusquer les photographies manipulées.

Cliquez sur l’aperçu pour télécharger le bilan au format docx

  • Faire une démonstration de Forensically
    • à partir de l’image de démo fournie par l’outil
      • identifier les éléments d’images ayant été clonés
      • identifier les anomalies de compression jpeg (error level analysis)
      • identifier les différences (ajout/suppression graphiques) entre la photo et sa miniature (thumbnail)
    • à partir d’une image importée
      • afficher les méta-datas pour trouver les données de prise de vue : type d’appareil, géolocalisation, date et miniature
      • déduire de la comparaison photo / thumbnail qu’aucun élément graphique n’a semble-t-il été ajouté
      • dans un moteur de recherche d’image, entrer la requête « La Défense tentacule 2019 » pour trouver d’autres images semblables, mais sous d’autres angles de vue et en identifier le contexte (oeuvre d’art issue de l’exposition Les Extatiques)
  • Expliquer que la plupart des réseaux sociaux suppriment les méta-datas des photos importées : Instagram, Facebook
  • Pour finir, expliquer que les outils de recherche inversée peuvent s’appliquer également sur des captures de vidéo et qu’il faut souvent croiser les recherches/outils pour obtenir des résultats. Vidéo-projeter la vidéo des Observateurs de France 24 comme exemple.

 

BILAN:

Je voulais que les élèves travaillent sur des photos réellement publiées sur les réseaux sociaux. Cependant, sur ces derniers, les méta-données (dont la géolocalisation) sont effacées. C’est pourquoi la partie avec Forensically n’est pas faite par les élèves dans la 2e partie de la séquence. De plus, pour Snapchat, j’ai dû recréer un snap à partir d’une vidéo d’un véritable snap postée sur Twitter. En effet, sur Snapchat, les images et les vidéos sont éphémères et il est donc très difficile d’y avoir accès si on ne fait pas partie du réseau (et qu’on cherche 3 semaines après l’événement !).

Autre problème : la photo avec les singes est déjà analysée sur AFP factuel. En faisant une recherche en image inversée, le binôme qui s’occupait de cette photo est tombé dessus. Ils ont tout de même voulu faire la démarche de recherche par eux-mêmes en suivant les étapes de vérification. Il semble que depuis, les images du site de l’AFP ne soient plus accessibles. Il est donc plus dur de tomber sur l’article, sauf en tapant les mots clés dans l’onglet texte, et non photo. Il pourrait donc être pertinent de changer de photo à analyser. Si vous en connaissez une avec un montage photo, publiée sur facebook, mais qui n’a pas été « fact checkée » publiquement, je suis preneuse !

La panthère étant une actualité de la rentrée, j’ai demandé aux élèves qui savaient avec certitude si l’une des photos était vraie ou fausse de ne pas le dire à l’ensemble du groupe et de choisir une autre photo à analyser, au risque sinon de s’ennuyer ferme les 3 prochaines heures ! Au final, seule une élève la connaissait.

La difficulté de cette séquence est plus grande que pour l’aigle kidnappeur car il est demandé aux élèves de faire toutes les étapes de vérification pour une photo et non de se les répartir entre les différents groupes de façon collaborative. Il y a donc plus de temps de recherche, d’autant plus que les élèves essaient parfois désespéramment d’identifier l’auteur, alors que celui-ci est sous pseudo. Il faut alors leur dire de marquer « inconnue » dans le champ identité et de passer à la question suivante.

Les élèves ont eu des difficultés à remplir la partie identifiant le type de manipulation dont il s’agissait, le cas échéant. Il faudrait donc reformuler les options pour en faciliter la compréhension. Des suggestions ?

La grille à découper est idéale pour « gagner du temps » : pas de lignes à tracer au crayon pour écrire droit par exemple ! Cependant, il faut prévoir de faire une photocopie avant la découpe, sinon les élèves perdent la trace écrite de la séance.

Quant aux hypothèses, elles ne sont qu’hypothèses. Les formuler est l’occasion de réfléchir aux objectifs de l’information/désinformation et donc d’alerter sur le type de manipulation de l’information (en général). l’exemple de la propagande historique est assez marquante sur ce point.

Les élèves ont adoré l’outil Forensically. Ils ont notamment été surpris que tant d’informations (meta-datas) soient disponibles sur les photos. Ils ont été rassurés d’apprendre que la publication sur les réseaux sociaux les supprimait, mais un peu moins de savoir que les serveurs les conservaient tout de même à des fins statistiques en interne, même si ces données n’étaient pas accessibles en externe.

Pour finir cette séquence, une ouverture sur le phénomène du deep fake pourrait être envisagée. Ce trucage réalisé à partir d’images de synthèse s’appuie sur l’intelligence artificielle. Il permet notamment de façon épatante de remplacer par exemple le visage d’une personne dans une vidéo par celui d’une autre personne. Une explication par LeMonde :

 

6e : 1h pour les convaincre de revenir au CDI

Depuis la réforme du collège, je n’ai plus d’heures fixes dans l’emploi du temps des élèves de 6e. Il a donc fallu revenir à une présentation du CDI, si possible en début d’année 😉 et sur le temps des cours des collègues. Cette séance doit donner un aperçu de ce qu’on trouve au CDI et de son fonctionnement, dans une forme pas trop rébarbative. En effet, c’est un peu notre test d’embauche auprès des nouveaux élèves : va-t-on les convaincre de revenir de leur plein gré ?

 

Modalités :

  • discipline : Lettres ou lors d’un cours du professeur-principal
  • niveau : 6e
  • effectif : demi-classe
  • durée : 55 min
  • lieu : CDI
  • matériel : Fiche CDI + 1 exemplaire de chaque type d’ouvrages présents au CDI (album, encyclopédie, atlas, romans, documentaire thématique)

Objectifs : A la fin de la séance, les élèves sont capables de :

  • expliciter le rôle et le fonctionnement du CDI
  • distinguer et définir 2 types de documents : fiction et documentaire

 

DÉROULEMENT : 

Partie 1 : Qu’est-ce que le CDI ? (15 min)

  • Se présenter en tant que professeur-documentaliste. Expliquer son rôle : gestion de la bibliothèque + enseignement de l’information (comment chercher, comment comprendre et comment transmettre l’information). Donner des exemples de séances qui se feront dans l’année ou dans la suite de la scolarité.
  • Demander ce que signifie CDI : centre de documentation et d’information.
  • Demander d’observer ce que l’on trouve au CDI : livres, ordinateurs, coussins, tables/chaises
  • Demander d’en déduire à quoi sert le CDI : faire des recherches, faire ses devoirs / travailler, lire / emprunter des livres, utiliser les ordinateurs
  • Demander d’en déduire les règles du CDI qui permettront à chacun de pouvoir faire les activités vues précédemment : être calme, parler bas, respecter les autres
  • Demander ou informer sur les modalités de venue au CDI : horaires, récréations, permanences, temps du midi

Partie 2 : que trouve-t-on au CDI ? (25 min)

  • Dire qu’à présent on va s’intéresser aux différentes ressources papier du CDI.
  • Présenter la feuille d’activité et demander ce que sont les mots-croisés et comment y joue-t-on : s’aider des définitions pour trouver les mots dont les lettres rempliront les cases. Attention à l’orthographe !
  • Indiquer que les élèves devront utiliser les panneaux signalétiques pour trouver les solutions. Il faut donc se déplacer dans le CDI pour les trouver. L’activité se fait seul ou à plusieurs. Donner un délai de 10 minutes et distribuer les feuilles.
  • Aider les élèves ayant des difficultés à réaliser le travail : quel type de livres connais-tu ? Trouve le panneau qui donne son emplacement. A quelle définition tu penses que cela correspond le mieux ? Est-ce que le nombre de lettres correspond aux nombres de cases ?…
  • Au bout de 10-15 minutes, faire revenir les élèves à leur table, même si le jeu n’est pas complété entièrement. Demander aux élèves de lire une définition et d’en donner la solution. Réécrire l’ensemble des solutions au tableau en 2 colonnes : documentaire / fiction (sans intitulé de colonne !). Pour les documents les moins connus, montrer et faire feuilleter un exemplaire en expliquant les caractéristiques (notamment pour les albums, les encyclopédies et les atlas).
  • Demander aux élèves de trouver les 2 mots mystères en reportant les lettres des cases chiffrées aux endroits dédiés. Faire lire la définition du premier mot mystère et la solution. L’écrire sur le tableau dans la colonne fiction. Procéder de même pour le deuxième mot : documentaire.
  • Demander une grande attention des élèves et expliquer que les deux mots mystères sont les plus importants de la séance : il faut savoir distinguer ce qui est inventé / faux (F comme fiction) de ce qui donne des connaissances vérifiées / vrai (AI comme documentaire). Les élèves encadrent, signalent les deux mots avec des cœurs, un panneau « attention ! »… Puis leur demander de répondre oralement tous ensemble aux prochaines questions une fois que le signal sera donné. « Je fais un exposé sur les dinosaures en SVT, quel type de livre je vais chercher ? » → DOCUMENTAIRE ; « j’ai envie de me détendre en lisant une histoire avec des licornes, quel type je vais emprunter ? » → FICTION

Partie 3 : comment trouve-t-on un livre au CDI ? (10 min)

  • Faire remarquer la signalétique murale « fiction » et « documentaire ». Les livres sont donc rangés à des endroits différents. Pour savoir comment ils le sont, faire lire la partie sur la cote, l’adresse du livre.
  • Pour vérifier que la cote est comprise, demander par quelle lettre commence la cote de cet album et quel type de livre est celui dont la cote commence par P. Puis en s’aidant de la signalétique murale, par quel chiffre commence les cotes d’un livre sur les jeux vidéos.
  • Expliquer que la cote est une adresse. Demander comment dans la vie courante se rend-on à un endroit qu’on ne connait pas déjà. Expliquer que esidoc est le GPS du CDI : il permet de donner la localisation des tous les ouvrages du CDI
  • A l’aide du vidéo-projecteur, montrer les étapes pour se connecter sur esidoc via l’ENT et comment chercher la cote d’un livre selon un titre suggéré par un élève. Ce dernier va chercher le livre.

Partie 4 : bilan (2 min)

  • Redemander la différence entre fiction et documentaire
  • Ramasser les feuilles marquées du nom des élèves. Leur redistribution ultérieurement est l’occasion de rappeler les notions de fiction et de documentaire.

Partie 5 : pour les groupes les plus rapides

  • temps de lecture libre sur le restant de l’heure

 

Document :

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BILAN :

La séance a été faite début octobre. Un certain nombre d’élèves étaient donc déjà venus au CDI et ont pu renseigner leurs camarades sur les horaires, les modalités d’accès, les règles… Les mots croisés et les mots-mystères ont été appréciés des élèves. Les premiers groupes de chaque classe ont donc fait la « pub » pour cette séance aux seconds groupes. A la suite de la séance, des élèves sont venus s’inscrire aux clubs (rapide évocation dans la partie 1). Donc, l’entretien s’est bien passé : ils reviendront !

Pour la partie théorique distinction documentaire/fiction, je n’ai pas encore redistribué les feuilles. Je verrai à ce moment-là ce qu’ils en auront retenu, et j’insisterai pour qu’il en retienne d’avantage ! ;D

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Séance EMI : Analyse d’une photographie de presse, avec Dysturb

août 2, 2019 2 commentaires

Modalités :

  • Contexte : classe médias
  • Nombre d’élèves : 16
  • Niveau : 6ème
  • Lieu : CDI (avec ordinateurs)
  • Durée : 2 x 55 min
  • Matériel : reproductions des photographies de presse Dysturb (un exemplaire de chaque sans légende, et un autre avec légende) et des dossiers associés + un padlet reprenant l’ensemble des photos et ouvert à l’écriture + un ordinateur par groupe
 

Objectifs :

  • Décrire la composition graphique d’une photographie
  • Identifier l’intention de l’auteur du document, l’expression d’un point de vue particulier
  • Identifier la complémentarité image/texte de légende

 

Pré-requis :

  • Qu’est-ce qu’une information ?

 

DÉROULÉ DE LA SÉANCE

  • Répartir les élèves par groupe de 3.
  • Introduction – 5 min :
    • Rappel : Quelles sont les différentes formes de l’information ? texte, image, son
    • Comment appelle-t-on le journaliste chargé de prendre des photos ? journaliste reporter-photographe
    • Annonce : rencontre prévue avec Pierre Terdjman, photo-journaliste et co-fondateur de Dysturb, une association promouvant la photographie de presse. But : étudier, élire et coller une (très grande) affiche représentant une photo de presse dans la cour du collège.
  • Activité : Etude d’une photographie de presse – 30min
    • Donner les consignes en montrant le document de travail : après avoir tiré au sort une photographie non-légendée (parmi celles proposées par Dysturb) par groupe, il est demandé de l’analyser : 1) ce que je vois, 2) ce que je ressens, 3) ce que j’interprète. Une fois les 3 premières parties complétées, la version de la photographie légendée sera donnée aux élèves pour remplir la dernière partie de la fiche d’analyse : 4) quelles informations me sont nécessaires pour comprendre ?.
    • Distribuer une image par groupe (sans légende) et une fiche d’analyse par élèves. Les mettre au travail.

Cliquer sur l’image pour télécharger la fiche d’analyse d’une photographie de presse au format .docx

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